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Actualités 25 janvier 2016

Agriculture en crise, bloquer les routes et après ?



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On s’en doutait, les promesses annoncées cet été pour calmer les agriculteurs n’ont eu que peu d’effet sur le niveau de rentabilité des exploitations agricoles. "La grande distribution a augmenté les prix mais pas les industriels qui transforment nos produits. Résultat, pour nous, peu d’impact et toujours autant de difficultés au quotidien" martelait le secrétaire général adjoint de la FNSEA des Deux-Sèvres Thierry Bernier (à droite sur la photo), lors d’un barrage filtrant ce lundi après-midi en Gâtine. "Nous sommes à un tournant, et pour faire face à ce marché ouvert, le petit producteur n’est pas assez fort. Il faudra que nos élus locaux commencent aussi par imposer les produits locaux dans la restauration collective."

Un céréalier, voisin du lieu de blocage, venu rejoindre le mouvement avec son épouse, expliquait son installation dans les années 80, à une époque où il avait moins de terres mais où il vivait mieux "Il ne faut pas opposer agriculture biologique ou conventionnelle dans ce débat, nous sommes tous logés à la même enseigne. L’Europe libéralise le marché et face aux pays de l’est notamment, nous ne pouvons pas lutter. Nous voulons des prix rémunérateurs et pas des subventions. Le paradoxe, c’est qu’on a du travail pour embaucher mais pas les fonds. Personnellement, je suis installé depuis trente ans et j’ai laissé tomber l’élevage, trop de contraintes sanitaires notamment. Les céréales sont moins lourdes à gérer au quotidien mais tributaires des spéculations sur les marchés. En attendant, dans votre baguette, mon blé ne représente que 6 centimes, ça fait réfléchir ! Aujourd’hui j’ai de la place pour nourrir du bétail mais j’entretiens les prés au broyeur, c’est malheureux. Si le modèle que l’on veut pour l’agriculture française, ce sont des fermes des 1000 vaches, il faut le dire et ne pas laisser les jeunes s’installer."


Ce mouvement, qui s’est manifesté ce lundi essentiellement dans l’ouest - La Rochelle a aussi été bloquée - devrait continuer encore quelques jours avec des actions plus ciblées en attendant que l’Etat apporte une réponse officielle pour calmer le jeu, du moins temporairement, "jusqu’à ce que ça dégénère et que l’on mette le feu à un distributeur ou à une entreprise industrielle de transformation" menaçait le délégué syndical.

Le prospectus distribué ce jour par les manifestants en Deux-Sèvres


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