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Actualités 10 mars 2017

Agriculture : une nouvelle approche avec le Centre d’Etudes Biologiques de Chizé



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Vendredi 3 mars, une délégation d’élus - dont le président de Région Alain Rousset - et de professionnels de l’agriculture se sont retrouvés au Centre d’Etudes Biologiques de Chizé pour découvrir les méthodes et les résultats obtenus en agro-écologie sur une "zone atelier" de 450 km² située en Plaine et Val de Sèvre.

Ils étaient nombreux ce vendredi à accompagner le président de Région dans cette visite : des représentants de la filière agricole (Jeunes agriculteurs, FNSEA...), de la fédération locale des chasseurs, de la Chambre d’agriculture, des élus régionaux et locaux dont la députée Delphine Batho, des exploitants agricoles ... tous souhaitant échanger avec Vincent Bretagnolle, directeur de recherche au CNRS sur cette expérience pour le moins originale.

En clair, il s’agit depuis près de 10 ans de tester "grandeur nature" des hypothèses agro-écologiques dans des exploitations agricoles du territoire autour de Chizé et de son centre de recherche. Plusieurs impératifs s’imposent à ces tests : respecter la biodiversité, intégrer les acteurs du territoire (exploitants agricoles, mais aussi collectivités, jeunes générations avec une sensibilisation des écoles..., habitants...), maintenir voire développer une rentabilité pour les agriculteurs.
C’est là qu’entrent en jeu différentes théories. Pour Alain Rousset, il faut "sortir de cette agriculture de compensation dépendante des subventions, trouver un autre modèle économique mais sans forcément s’orienter à 100% vers le bio." Pour Delphine Batho, qui fut Ministre de l’environnement, "la croissance de la demande des consommateurs en matière de bio est telle qu’il faut miser sur ce segment et orienter les exploitations dans ce sens."
Se pose alors la question de la valorisation du travail des exploitants agricoles qui s’orientent vers des procédés plus respectueux de la biodiversité et des cycles naturels. N’étant pas en bio, il vendent moins cher leurs productions. Comment valoriser leur travail ? Et côté rendement, qu’en est-il ?
Et c’est là que les recherches menées depuis plus de 10 ans sur la "zone atelier" par Vincent Bretagnolle et ses équipes sont cruciales : elles ont révélé par exemple qu’une parcelle de blé à moitié moins traitée en herbicides et autres engrais azotés qu’une autre produisait un rendement supérieur. Mieux, en privilégiant la polyculture, les équilibres naturels se rétablissent et les sols n’ont plus à être labourés. D’autres actions comme l’introduction de coquelicots, de bleuets dans les champs au milieu des cultures, favorisant le retour de pollinisateurs, on fait leurs preuves. La visite d’une ferme située à Prissé La Charrière n’a fait que confirmer ces hypothèses.

Ils sont ainsi plus de 400 agriculteurs à jouer le jeu de ces expérimentations au sud de Niort. L’agriculture de demain se façonne aujourd’hui, avec toutefois des questions cruciales toujours en suspens, notamment celle de l’irrigation, d’autant plus d’actualité qu’un projet de bassines est à l’étude (enquête publique). Elle pose la question des besoins en eau de certaines cultures et de certains procédés, opposée à la raréfaction de la ressource et à d’autres approches comme l’agroforesterie.
Une autre problématique a été évoquée au fil des échanges avec les chercheurs du Centre de Chizé : la valorisation des filières scientifiques dans l’enseignement en France et les moyens octroyés à la recherche. Deux étudiantes venues de Bourgogne en stage à Chizé confiaient leurs doutes sur leur avenir. Peu de postes sont ouverts dans les différents centres en France, conduisant les doctorants à s’expatrier. Une aberration quand on sait que la qualité des formations dispensées sur le territoire est mondialement reconnue.

(Photo principale : au centre Alain Rousset en discussion avec les participants à cett journée découverte, à sa gauche, Vincent Bretagnolle du centre d’études de Chizé)

Plus : www.cebc.cnrs.fr

A lire en complément notre article à paraître dans le prochain magazine le Petit économiste.

CR



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