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Barack Obama, une nouvelle flamme pour l’Amérique

Ce mardi 4 novembre 2008, le monde pourrait bien changer, parce que l’Amérique aura élu Barack Obama. Ce n’est pas l’homme qui compte, son apparence, son histoire, pas même son parti démocrate (a-t-on déjà oublié que John McCain le républicain en froid avec Bush fils en 2004 a vainement approché le dernier candidat démocrate John Kerry !) mais l’essence, l’esprit qui l’animent dans sa démarche, dans son énergie. Un auteur n’est rien. Seul son oeuvre offre quelque intérêt.

Voici un juriste sorti de la célèbre Harvard Law School de Boston qui aurait pu embrasser la carrière d’avocat d’affaires. Aux Etats-Unis, il aurait bien vite gagné des millions de dollars, et à l’instar des businessmen de Sun Valley (Idaho), aurait un jet privé avec deux pilotes à demeure sur l’aéroport d’Hailey ; une maison à Chicago et des résidences luxueuses disséminées en Floride, à New York, sur la côte Californienne à La Jolla…

Et bien non. Depuis maintenant deux ans, il va de ville en ville tenant de deux à quatre meetings par jour. A « l’avoir » si recherché aujourd’hui dans les « fortunes soudaines immédiates » comme le titrait récemment le New York Times, il a choisi « l’être » qui donne sens à sa vie, car nous changeons d’époque. C’est évident. Comme l’a écrit François Cassingena-Trevedy (Etincelles II, Ed. Ad Solem) « il doit y avoir dans nos vies certains jours, certains gestes de déchirure volontaire qui nous purifient, nous fortifient, nous illuminent » ; sa bataille contre Hillary Clinton a été indispensable. Souvent en Europe on croit à tort qu’un ennemi ou un rival est nuisible. C’est exactement le contraire aux Etats-Unis. Obama souligne : « The careless, outrageous comments ; all aimed at keeping us from working together, all aimed at stopping change ». On doit remercier l’ennemi qui enseigne le détachement vis-à-vis du nuisible pour construire dans l’humilité, puisque l’humilité est une certitude de soi. Tout ce travail d’observation, de construction est minutieusement décrit dans le livre d’Obama «  The Audacy of Hope  » (Ed. Crown, 2006) dont il suffit de lire les onze pages d’index qui renvoient à des thèmes forts de la vie publique, collée à la vie privée de chaque personne. Mieux il précise sa pensée dans son discours de Reno (Nevada) du 25 octobre : «  one thing we know is that change never comes without a fight  » (la seule chose que nous savons c’est que le changement ne vient jamais sans combat).

L’originalité de cette élection tient dans l’esprit même du candidat Obama qui l’a clairement définit le 11 juillet 2007 en déclarant « je veux faire campagne de la même manière que je gouverne ; en répondant aux attentes directement, avec force et vérité. » Tout est dit.

Pas de gouvernance (comme si un homme d’Etat n’avait pas de pouvoir !), pas de transparence (le nouveau mot incompréhensible qui ne veut rien dire alors que chacun sait ce qu’est l’honnêteté) pas de contrevérité (chacun sait encore ce qu’est un mensonge). Fini le virtuel ! Enfin la réalité et des choses claires. Paraphrasant le grand Michel Audiard : finie l’époque de « la clarté dans la confusion ».

Pourquoi ? Evidemment, parce que c’est la confiance qui est en jeu. Elle seule. Comment croire un arbitre qui réduirait la durée d’un match à sa convenance ? On irait droit à l’émeute. L’époque passée conduit à la crise de la société. Regardons les marchés boursiers, parfaitement irrationnels au regard de la l’activité économique des entreprises cotées en bourse, dans un sens comme dans l’autre. Dès lors que la majorité des personnes n’aura plus suffisamment pour vivre dignement, l’insécurité générale, la délinquance de nécessité pour assurer le besoin vital, observées dans les pays latino-américains surviendront et les meilleurs escadrons de policiers ne pourront rien arrêter. Il faut donc un homme ou une femme dans chaque pays qui soit un vrai homme d’Etat.

LA CHEMISE D’HOMME D’ETAT PAS LE COSTUME DE L’HOMME POLITIQUE

Obama n’est pas un homme politique ; c’est-à-dire un homme qui agit en fonction des prochaines échéances électorales (où est le temps lorsque Colbert faisait planter des forêts pour préparer la construction de navires en bois un siècle plus tard ?). Risquer sa vie, renoncer à la fortune pour faire avancer le monde est la marque d’un homme d’Etat. C’est unique et nouveau. On demande à un homme politique d’agir en délégué : recueillir les volontés de ses concitoyens et les mettre en pratique. Et cela ne sert à rien, ou si peu. Un homme d’Etat, doit comprendre son époque, assimiler son passé et surtout tracer des voies nouvelles, imposer des situations que l’opinion n’a pas encore imaginées. C’était le rêve du grand démocrate Robert F. Kennedy : « je rêve à des choses qui n’existent pas encore ». Obama est de ce genre d’homme. En France nous avons eu Badinter, Weil et même de Gaulle qui en 1967 instituait l’intéressement des salariés aux fruits de l’entreprise (41 ans d’avance !)

Bien sûr, Obama n’est pas une idole et il est critiqué pour ne pas toujours appliquer ses promesses. Bien sûr il devra bien s’entourer (ce qu’il a déjà fait intégrant des personnes de toutes conditions mêlant les générations sans complexe). Car comme disait John Tahoe « Attention aux artistes, ils se mélangent avec toutes les classes de la société ». Il devra certainement adapter ses engagements aux événements qui ne vont pas manquer de bouger le monde en 2009. Son expérience de sénateur imprime déjà cette facilité. Et ne serait-ce qu’en France, après les élections présidentielles il était question de légiférer pour dépénaliser le droit des affaires et récemment le président de la République a annoncé qu’il fallait « moraliser » la vie des affaires. Cette intelligente position est fort rassurante et marque la manière de coller à la réalité nouvelle pour redonner confiance et fonder une société sur une équité ressentie de tous.

Bien sûr le programme d’Obama n’est pas comparable à celui d’un candidat français. Pour la simple raison que le pouvoir du président des Etats- Unis se superpose aux souverainetés de chaque Etat. Ainsi la TVA (Value Added Tax ) est 8,5% dans l’Etat de New York alors que dans le Tennessee pour l’achat d’une voiture de 20.000 US$ le taux est de 2 % (le taux moyen en France est de 19,6%). En revanche, le Président dispose de prérogatives d’importance au regard de la diplomatie, de la monnaie bien sûr (si fondamentale et notamment à la proche exigence de relancer l’inflation avec hausses de salaires) ; mais surtout il entend redonner confiance avec des pratiques nouvelles. Ainsi il précise «  qu’aucun intéressé politique directement ou indirectement dans le gouvernement Obama-Biden ne sera autorisé à travailler sur les projets liés aux règlements ou aux contrats directement et sensiblement connexes à leur employeur antérieur pendant deux années. Et aucun intéressé politique ne pourra faire pression en faveur de la branche exécutive après avoir laissé le service gouvernemental pendant le reste du mandat du président  ». On ne peut pas faire plus simple.

Oui, un homme peut changer le monde. J’ai le souvenir de New York en 1975 livrée à toutes sortes de trafics, et puis arrive Ed Koch qui révolutionne la ville devenue sûre, la « rivière » Hudson n’est plus polluée, le petit commerce (le seul d’avenir aujourd’hui) reprend ses espaces de Manhattan à Coney Island. J’ai l’histoire de cet autre maire extraordinaire qui donne son nom à un aéroport, fils d’immigré italien Fiorello Henry La Guardia ; qui réussit à éteindre une émeute noire d’Harlem, serrant coude contre coude la foule venue soutenir des pauvres en détresse en reprenant l’extraordinaire chanson « We Shall Overcome » (nous surmontrons) en pleine Grande Dépression.

Et comment oublier que Robert Kennedy, ministre de la Justice fit autoriser les noirs à pouvoir monter dans les autobus ! Bien sûr nous sommes loin de cette époque. Mais est-ce si sûr ?

Ce prochain 20 janvier 2009, j’ose penser qu’Aristote aura raison lorsqu’il écrivait dans sa Métaphysique (Livre V) « Le principe se dit d’abord du point de départ du mouvement de la chose ». Barack Obama a tellement de bonnes motivations d’incarner ce mouvement pour devenir le premier homme d’Etat de ce siècle aux Etats-Unis. Parce que comme il le proclame : Oui nous pouvons. Yes, we can.

Frédéric Bontemps

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03.11.08
Thèmes
international elections

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Commentaires

Faire connaître Barack Obama est une distinction et j’ai lu cet article avec cet esprit. L’élégance est ici, dans votre journal. La presse retrouve son sens et le lecteur son plaisir. Merci.


posté par Michel Maillot le 06.11.08
Nous pouvons développer ce commentaire en Politic Stratégy, ce qui n’a rien à voir avec le Marketing que l’on met dans toutes les litératures sous forme de Marketing politique. The Politic Model comme le Business Model est un système des processus d’opérationnalisation de la stratégie. La stratégie se définit comme faire mieux et différemment des autres. La Politic Model ou la Business Model se définissent comme suite : Proposer un bon message politique ou un bon produit à au bon moment à un segment de Clientèle ou population en quête de la rupture ou du changement stratégique pour en faire un profit substentiel ou pour faire danser les éléphans (changer les états et les comportent mentaux). Le changement stratégique vecteur stratégique de l’Innovation Stratratégique, normes du nouveau Paradigme (The new Paradigme). La Politic Model se décline en chaîne de valeur interne que caractérise un parti, un bon candidat, la maîtrise de la connaissance intime d’une population (piple)et un message politique adapté à la demande ou l’offre juste). La proposition de valeur politique ou chaîne de valeur extérieure qui transforme le message politique en intentions de vote. En Vote Model ou le process de capture maximum des intentions de vote et transformation en votes potentiels. En Vote Value ou l’outil de transmutation des votes potentiels en voix dans l’urne. En Politic Revenue ou stratégie systémique d’optimisation des voix en plébicite. Nous verrons que les Démocrates n’ont pas configuré la Vote Value, peut-être à cause de la longue primaire. Ce qui ne leurs a pas permis de mettre en place Politic une Politic Revenue. A J-1, l’on devait déjà préparer la transposition ou la passassion du pouvoir et l’après Bush. Tous les ingédiens étaient là. Ils n’avaient qu’à, connaissant les Républicains et leur système d’argumentaires ou messages politiques négatifs (socialisme, communistes, musulmans, non Américain et une tante immaginaire qui n’a jamais appartenue à la famille du père d’Obama) McCain lui même en sait quelque chose (les primeires Républicaines de l’an 2000 entre Bush et McCAin). Que vont faire les démocrates dans les 90 premiers jours s’ils sont élus (congrès et Présidence) ? Quels sont les élément du plébicite qui auraient créés un raz de marrée ? Que vont-ils faire dans les tois mois de l’état de grâce pour ne pas frustrer les Américains en attente d’une vraie rupture, et, qu’est ce que la rupture pour les Américains (The New America’s Dream) ? Il ne vont pas se cantonner dans le seul changement d’hommes ou la simple stratégie de perturbation quelque soit son degré ? L’Amérique attend une Innovation Stratégique pour un changement stratégique (The Change), dans une vraie srtatégie de la rupture, quelque soit son degré de rupture. Nous pouvons aussi explicité le degré de rupture attendu. Mais il se fait tard et je dois dormir pour être prêt pour les réunions du Matin et la préparation de la nuit Américaine (04-05/11:08).


posté par Pierre SIMON - Jim Jones 27 le 03.11.08
Boston Today. Nous ne pouvons jamais oublier que, c’est l’Enfance le père de l’homme et non l’homme le père de l’Enfance. Une bonne perspective qui donne lieu à un objectif stratégie prend source dans la prospective. D’où vient que, l’on ne peut à posteriori communiquer de la valeur que si l’on a à priorie conceptualisé, configuré et réalisé une proposition de valeur adaptée (offre juste), Pour ce faire, la maîtrise de la connaissance intime de la demande est in fine de mise. Le message politique suit le même Modèle (Business Model). Sa stratégie est : Un bon message par un bon candidat, au bon moment à un peuple en quête de rupture (L’Innovation Stratégique par la stratégie de la rupture ou par la stratégie de perturbation). La rupture incarne le changement et la pertubation le changement dans la continuité ou simple changement d’hommes. La rupture c’est le changement des règles du jeu, des hommes, des comportements et des états mentaux (faire danser les éléphans). D’où reconfigurer les paradigmes pour installer le nouveau Paradigme (The New Paradigm). C’est ce qui attend le nouveau loccataire de la maison Blanche aux Stats. JIM Jones27.


posté par Pierre SIMON - Jim Jones 27 le 03.11.08


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