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Politique 1er mai 2017

Emmanuel Macron, un candidat à la présidentielle en campagne dans la Vienne



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Le candidat "En Marche" a fait une longue halte dans la Vienne cette fin de semaine. Montmorillon, Châtellerault, Poitiers et ... Usseau, petite commune d’à peine 650 habitants. Nous avons pu suivre cette dernière visite, très révélatrice du rythme et de l’ambiance propres à un tel moment de vie politique.

L’information nous est parvenue vendredi, Emmanuel Macron se rendra dans une exploitation agricole à Usseau à 9h30 samedi matin. Intéressante cette visite, l’inscription est donc faite auprès du staff d’En Marche dans la Vienne.

Samedi matin donc, à un peu plus de 9h, le Petit économiste est dans la place : un charmant village planté au milieu d’un paysage vallonné et dominé par son château du XVe siècle, le château de La Motte. Emmanuel Macron n’arrivera finalement qu’à un peu plus de 10h15... ça laisse le temps de découvrir les lieux... et d’observer les nombreux journalistes présents.
La ferme en question est une exploitation céréalière dont l’entrée principale est gardée par une grille imposante. C’est celle de Patrick Moron, administrateur de la coopérative Terrena et partisan d’un mode de culture plus respectueux des écosystèmes. Nous y reviendrons après la visite.

Une campagne électorale, à ce niveau là, c’est une parenthèse, un rythme effréné où tout est possible, tout est important et futile à la fois... L’image du candidat, son attitude, sa tenue, ses paroles... un faux pas et c’est la polémique ! D’où une certaine tension.
Côté journalistes, il s’agit de ne rien laisser passer mais aussi de jouer la montre. Quel média sera le premier à livrer à sa rédaction LA réponse du candidat qui fera le plus d’audience ?
Parmi ces journalistes qui attendaient à Usseau, plusieurs catégories clairement séparées : quelques médias locaux, France Bleu Poitou, La NR, la Vienne Rurale notamment bénéficiant de contacts privilégiés avec l’équipe locale de campagne. Des journalistes étrangers également, les plus discrets, les plus patients aussi, assurés quoiqu’il arrive d’obtenir à chaque point d’étape du candidat leur entretien en anglais, nul besoin donc de jouer des coudes.

BFM TV d’un côté, les autres plus loin...

Là où l’ambiance se gâte, c’est au niveau national. Pendant que les photographes comparent leur matériel avec bienveillance, les vedettes de France TV et de TF1 y vont de leurs commentaires, tout en taclant au passage leur collègue de BFM, manifestement pas dans la même famille. Quelques commentaires fusent également sur cette "province" vue parfois avec condescendance. "Tu étais dans quel hôtel hier soir ? Finalement, charmant le nôtre, ça change des IBIS ! On a négocié les prix, 125€ la nuit c’est pas cher... De toutes façons à Châtellerault y avait pas grand chose... Usseau c’est un peu paumé quand même, pas de 4G..." Sur le candidat, la visite improvisée d’un marché à Poitiers agace, peur que le "pool" sur place n’ait pas pu tout suivre et craintes de rater le train de 13h. On notera quelques remarques sur le candidat : "Il commence à changer de ton, il prend une posture plus présidentielle, sa parole se fait plus rare, plus mesurée" Mais l’actualité du jour c’est clairement le ralliement de Nicolas Dupont Aignan à Marine Le Pen, d’ailleurs les questions au candidat tourneront davantage autour de cette question que sur les points plus techniques de son projet agricole.

Quelques minutes plus tard, le ton monte, quand les gendarmes se positionnent devant la grille d’entrée de la ferme. Hors de question pour l’une des journalistes vedette de rester devant la porte ! Elle obtiendra plus tard gain de cause. Il faut dire que devant la "meute" de photographes, preneurs de son et journalistes présents, les organisateurs ont décidé de procéder en deux temps. La visite d’Emmanuel Macron dans la ferme se fera avec un petit comité. Le reste des médias attendra son tour pour un point presse improvisé au milieu de la cour.

Hors de question pour les médias présents de rater une miette des échanges du candidat à la présidentielle avec les personnes qui l’interpellent. C’est donc une forêt de perches de preneurs de son qui se dispute l’espace au-dessus de la tête d’Emmanuel Macron. De quoi énerver son staff de campagne surtout que le candidat prend son temps. Déjà une heure de retard sur le programme annoncé. Pour autant, il écoute, explique quelles seront les réponses inscrites dans son programme. L’une de ses premières mesures, s’il est élu, sera de suspendre l’application de normes issues des directives européennes et s’appliquant à l’agriculture. Le temps de faire le point. Le candidat prône aussi son plan de transition agricole pour accompagner les exploitants dans leurs investissements avec un encouragement à des pratiques environnementales raisonnées. Des échanges ont lieu avec des représentants du secteur, accablés par la lourdeur du système, la pression des marchés.

Patrick Moron, l’hôte des lieux, a accepté cette visite qu’il a souhaitée sous un format plus naturel qu’une table ronde. Il évolue sur un principe d’agro-écologie sans labours. Sur 200 ha de terres, il cultive du blé tendre, du blé dur, un peu de maïs en sec et il ne s’emploie à n’utiliser les pesticides que quand c’est nécessaire. "Pour savoir si mon blé souffre du piétin par exemple, je l’arrache et je l’envoie au laboratoire, aucun traitement avant le résultat. En général, on soigne nos blés deux fois par an, cette année, une seule fois. Pas besoin d’irrigation pour mes cultures, par contre, je suis favorable aux bassines pour que grâce à ces retenues, chacun puisse sécuriser ses productions. J’ai eu l’occasion il y a quelques années d’aller au Brésil, en Russie, en Ukraine et j’ai pu constater qu’ils évoluent plutôt bien et qu’il faut que l’agriculture française garde sa longueur d’avance, à l’export notamment. Nos savoir-faire ne sont pas suffisamment valorisés, il faut que les pouvoirs publics prennent conscience de nos atouts et ne laissent pas disparaître les exploitations."

Emmanuel Macron aura également pris le temps de saluer en partant les quelques Usselois qui l’attendaient à la sortie de la ferme. Au milieu de toute cette agitation, déjà, la solitude du pouvoir qui se dessine autour du candidat était perceptible.

CR

Unn dernier échange entre Emmanuel Macron et Patrick Moron, accompagné de son épouse, sous les micros des journalistes


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