Depuis le lancement en 1997 du chantier de l’Hermione (Frégate qui, en 1780, permit à La Fayette de traverser l’Atlantique pour soutenir les "Insurgents" américains face aux anglais), on compte 3 200 000 visites. La ville de Rochefort, qui participe largement au financement du chantier a voulu connaître précisément l’impact économique de l’Hermione sur la vie locale. A sa demande, la Chambre de Commerce et d’Industrie Territoriale de Rochefort et de Saintonge a lancé une étude sur deux ans pour quantifier les retombées économiques du chantier sur la ville de Rochefort, en termes de dépenses générées sur la ville, d’emplois et de publicité.
L’étude a démarré en 2010. Concrètement, après accord sur le site, les enquêteurs téléphonaient aux visiteurs venus exclusivement pour le chantier de l’Hermione et leur demandaient combien ils avaient dépensé sur place en plus de la billetterie et du transport. Pour la période de juillet-Août 2010, un visiteur a dépensé en moyenne 20 euros lors de sa visite. En multipliant par le nombre de visiteurs, on obtient environ 2 550 000 euros de dépense générées à Rochefort pour l’année. Sachant que les collectivités publiques ont dépensé en moyenne 900 000 euros par an en travaux et subventions pour l’Hermione dont 250 000 euros pour la ville de Rochefort, on peut estimer que pour un euro investi par les collectivités publiques dans le chantier, 3 euros sont dépensés dans Rochefort par chaque visiteur. Ce rapport monte de 1 à 10 si l’on ne considère que les subventions de la ville de Rochefort. Ces chiffres seront probablement revus à la hausse après la même étude prévue en septembre-octobre 2011 car il est prouvé statistiquement qu’une personne dépense plus hors saison.

Le chantier emploie en moyenne 40 personnes par an partagées entre l’Association Hermione et la construction de la Frégate.
Enfin, 316 millions de lecteurs au travers de 2600 articles ont découvert l’Hermione et la ville de Rochefort ce qui équivaut à un budget publicitaire de 8,7 millions d’euros.
Les bons résultats de cette étude confortent l’Association et les passionnés du projet, et elle incite le conseil municipal à investir davantage dans l’arsenal maritime. Actuellement, la ville de Rochefort finance l’installation en cours des bateaux-portes, qui permettra à l’Hermione d’accéder à la Charente.
Et le 6 juillet 2012, l’Hermione ou plutôt sa coque fera sa première sortie. Elle quittera la double forme de radoub de l’Arsenal de Rochefort datant du XVIIe siècle pour rejoindre l’autre forme, d’époque Napoléon III. Une fois déplacée, la frégate de Lafayette pourra être matée. La date du grand voyage en direction de Boston se précise, 2015… D’ici là, elle fera diverses sorties, dont une jusqu’à l’ile d’Aix.
L’Association et la municipalité réfléchissent déjà aux actions à mener quand l’Hermione ne sera plus un chantier mais un « musée » car les visiteurs seront inévitablement moins nombreux ; ils ne viendront qu’une fois… Et la maintenance de la frégate a un coût élevée.
Aussi, l’entreprise Asselin basée à Thouars dans les Deux-Sèvres qui travaille aujourd’hui à la direction technique de l’Hermione pourrait installer un chantier privé de restauration de bateaux historiques en bois (ou non) tout en assurant la maintenance du chantier de l’Hermione. L’arsenal retrouverait pleinement sa vocation de chantier maritime. La filière nautique de la Charente Maritime serait renforcée. Quant aux amateurs, ils auront le plaisir de visiter l’Hermione et les chantiers en cours.
La ville prévoit également des animations régulières autour de l’Arsenal. Elle veut, entre autre, travailler au rapprochement des différents lieux culturels de Rochefort. Que le visiteur passe du Centre International de la Mer à la Corderie Royale, du Musée Pierre Loti au Musée de la Marine, chaque lieu pouvant faire écho aux autres.
Mais aujourd’hui le financement de l’Hermione n’est pas encore bouclé. Il reste encore 3 millions d’euros à trouver. L’Hermione finance 60% du chantier avec ses recettes propres, elle reçoit 36% en subventions et seulement 4% en sponsoring. L’Association aimerait trouver d’autres mécènes dans les petites ou grandes entreprises…
Marie-Agnès Beutter
Plus : www.hermione.com
A lire également l’article paru dans notre édition papier de l’été 2010 dans le dossier consacré au nautisme, page 8.
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