Beau succès pour le salon des professionnels de la filière caprine ces
26 et 27 novembre à Niort.
Cette deuxième édition marque un tournant : 126 marques présentes contre 70 la première année, une région à l’honneur -le Centre, et beaucoup de visiteurs - venus parfois d’Europe du nord ! L’occasion pour les producteurs de sortir des clichés qui marquent la production et de prouver s’il en était encore besoin toute la technicité de leur travail.
A la poubelle l’image d’Epinal du soixante-huitard ébouriffé élevant des chèvres dans les Alpes ! L’éleveur de chèvre aujourd’hui est un technicien professionnel qui parle génétique, productivité, rentabilité, et qui vit en Poitou-Charentes. Il faut savoir en effet que la moitié du lait de chèvre vendu en France est produit dans notre région, les éleveurs des Deux-Sèvres fournissant à eux seuls 1 litre sur 4.
La filière affiche une croissance à faire pâlir : +40% en 8 ans, sans discontinuer. Et le marché reste porteur, notamment dans les pays nordiques dont la consommation est en plein essor. Pourtant, « on est en sous-production, souligne Laurent Ferré, directeur de la FRSEA (fédération régionale des exploitants agricoles). Nos laiteries sont obligées d’importer du lait d’Espagne alors que nous avons encore du potentiel ! » Et d’ajouter que « ces importations représentent la production de 500 exploitations de taille moyenne sur notre territoire. »
La concurrence se fait doucement sentir donc, mais la force française demeure : c’est la seule filière caprine véritablement organisée... au monde !
C’est donc le moment pour les picto-charentais de prendre à bras le corps un dernier problème : « en région plus de 500 producteurs ont 52 ans ou plus, et la moitié d’entre-eux n’a pas de repreneur », explique Didier Rat, président sortant de Brilac -association régionale interprofessionnelle des producteurs et transformateurs de lait de chèvre. Brilac a d’ailleurs reçu le soutien de la région et de 3 de ses départements pour embaucher un animateur. Charge à lui de mettre en relation les partenaires potentiels à l’installation, il y a urgence.
Conscients de ces enjeux une poignée d’éleveurs picto-charentais a lancé l’an dernier son premier salon « capr’inov » à Niort. Le succès manifeste de cette deuxième édition leur a donné raison.
Laure Sibileau, correspondante du Petit économiste
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