Accueil > Actualités > International > Chine et multilatéralisme, quelles évolutions et perspectives (...)

International 4 septembre 2019

Chine et multilatéralisme, quelles évolutions et perspectives ?



Enregistrer au format pdf

Le 30 août dernier, avait lieu le traditionnel colloque dédié à la Chine organisé par la Fondation Prospective Innovation et son emblématique président : Jean-Pierre Raffarin. Le Palais des congrès du Futuroscope a accueilli environ 500 personnes de tous horizons intéressées par ces questions de relations internationales éclairées par des intervenants de renom.

Parmi ces intervenants, à souligner l’allocution d’Irina Bokova, qui fut directrice générale de l’UNESCO de 2009 à 2017. Elle a souligné une implication grandissante de la Chine, que ce soit financièrement ou opérationnellement, dans les actions de maintien de la paix menées par les Nations Unies, contrairement aux Etats-Unis qui réduisent leur contribution depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir.
"Au fil de mes années passées à l’UNESCO, j’ai pu constater la montée de la Chine avec notamment en 2014 une visite historique d’un président chinois au siège de l’Organisation. En 2016 a été inauguré un prix pour l’éducation des filles et des femmes qui est financé par la Chine. [...] Enfin, la Chine est le premier pays avec 55 sites inscrits au Patrimoine Mondial. [...] Il faut aussi noter que la Chine tend à utiliser avec plus de retenue que les Etats-Unis son droit de veto aux Nations Unies."

Le Président de l’Institut Panafricain de Stratégies, ancien ministre des affaires étrangères du Sénégal, Cheikh Tidiane Gadio, a rappelé que " l’Afrique est toujours le parent pauvre du multilatéralisme mondial. L’Europe et les Etats-Unis ont tendance à se désengager du continent alors que les pays asiatiques y sont de plus en plus présents. En 1963, au moment du désengagement de l’Europe, l’Afrique comptait 32 états. Aujourd’hui, il y en a 54 et la partition n’est pas terminée. Or, certains ne sont pas viables. [...] Le projet de monnaie unique en Afrique en 2020 serait déjà une bonne chose. [...] L’Afrique est le seul continent du monde qui n’est pas membre permanent du conseil de l’ONU avec droit de veto ! Si ça avait été le cas, nous n’aurions pas approuvé l’intervention en Libye. D’ailleurs il faut un grand plan d’action contre le terrorisme en Afrique, c’est une urgence. [...]
Pour rappel, l’Afrique détient un tiers des ressources naturelles du monde et sa jeunesse est une richesse, mais il faut lui donner un avenir ! La Chine est un ancien "pays en voie de développement", ça nous redonne de l’espoir.
"

Pour Sylvie Bermann, Ambassadeur de France en Russie depuis 2017, "la Russie est sur le point de retrouver une place importante sur la scène internationale. Elle a gagné en Syrie, Moscou est la "nouvelle Mecque" du Moyen Orient. Les Russes s’intéressent à nouveau à l’Afrique et à l’Amérique Latine. Il y a 10 ans, la Russie était sur le point d’envahir la Chine, aujourd’hui, les deux pays font des manœuvres communes. Le phénomène déstabilisant pour les relations internationales vient plutôt des Etats-Unis aujourd’hui."

D’autres interventions de qualité ont ponctué la journée qui fut introduite par le président de Région Alain Rousset et Jean-Pierre Raffarin.

En matière de multilatéralisme, globalement, la Chine marque des points alors que les Etats-Unis en perdent et se marginalisent. Quant à l’Europe, elle aurait pu jouer un rôle déterminant sur la scène mondiale mais elle a du mal à parler d’une seule voix et surtout à agir, de plus, l’euro n’est pas une monnaie de réserve.. Peut-être le Brexit sera l’électrochoc salutaire ? comme le remarquait Jean Bizet, président de la Commission des affaires européennes au Sénat.

CR



Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.