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Le fonds Aliénor reverse 365.000 euros pour la recherche en santé et l’innovation médicale au CHU de Poitiers
365.000 euros ! C’est la somme que le fonds Aliénor aura remis au CHU de Poitiers, en 2025, pour contribuer au financement de la recherche et de l’innovation.
Au total, depuis sa création, plus de 2 millions d’euros auront été collectés et reversés au CHU de Poitiers par le fonds Aliénor dans le cadre de sa mission de promotion et de développement de la recherche en santé et de l’innovation médicale au CHU de Poitiers.
Au nom des chercheurs, des administrateurs et de Frédérick Gersal, parrain du fonds, Anne Costa, présidente du fonds Aliénor et directrice générale du CHU de Poitiers, adresse ses plus vifs remerciements à tous les donateurs, particuliers, associations, entreprises, pour leur grande générosité. Leur mobilisation a été exemplaire lors des collectes organisées en 2025. Leur fidélité est un encouragement pour tous les médecins et personnel paramédical investis dans la recherche au CHU de Poitiers.
52 projets ont bénéficié de la générosité du plus grand nombre. A ce jour, 14 travaux de recherche sont toujours en quête d’un financement. A cela, s’ajoutent six nouveaux projets de recherche retenus le 13 novembre dernier par le conseil d’administration du fonds Aliénor, après expertise de son comité scientifique, ceci dans la perspective de diversifier les domaines de recherche soutenus par le fonds de dotation du CHU de Poitiers :
Impact sur le monitoring temps réel du sommeil sur le pronostic en réanimation : essai clinique randomisé multicentrique – MEDICO-SLEEP
Pr Xavier DROUOT, neurophysiologie clinique.
20 mois | Coût total du projet : 75.000 €
En réanimation, les patients dorment très mal à cause des soins 24h/24, ce qui aggrave leur état : un mauvais sommeil augmente le besoin en assistance respiratoire invasive et prolonge sa durée. Pourtant, aucun somnifère n’est utilisable dans ce contexte. Une solution innovante vient d’être développée : Sleepscan, un moniteur de sommeil en temps réel. Il indique aux soignants si le patient dort ou est éveillé, permettant d’adapter les soins non urgents pour préserver son sommeil.
Une étude récente, menée par le Pr Xavier Drouot, montre que ce dispositif améliore significativement la qualité du sommeil. Une nouvelle étude, menée dans 5 à 6 CHU français, vise à prouver qu’un meilleur sommeil réduit aussi le besoin en respiration artificielle, la durée du séjour, les risques de délire, et le stress post-traumatique.
Les patients seront répartis aléatoirement entre soins "somno-guidés" (avec Sleepscan) et soins classiques.
Si les résultats sont positifs, cette approche pourrait réduire la mortalité, les complications, et les coûts, et devenir une pratique courante en réanimation.
Développement d’un score clinique prédictif de retrait prématuré des cathéters veineux périphériques posés aux urgences à partir des données hospitalières de vie réelle – VigiCath
Dr Bertrand DRUGEON, urgences.
20 mois | Coût total du projet : 67.775 €
Chaque jour, des milliers de patients reçoivent un cathéter veineux périphérique (CVP), un tube essentiel pour les perfusions, mais source de complications : douleur, infection, fuite de médicament ou retrait accidentel. Ces incidents retardent les soins, multiplient les poses et allongent l’hospitalisation.
Pour y remédier, le CHU de Poitiers, sous la direction du Dr Bertrand Drugeon, développe un score prédictif. Basé sur des données médicales (âge, antécédents, traitement), il identifiera, dès l’admission aux urgences, les patients à risque. L’étude analysera les dossiers de milliers de patients (2024) pour réduire ces complications : moins de douleurs, moins d’interruptions de traitement, moins de gestes répétés pour les soignants, et des économies pour l’hôpital.
Si les résultats sont concluants, ce score pourrait être intégré dans des logiciels d’aide à la décision et étendu à d’autres hôpitaux, améliorant sécurité et confort des patients.
Parcours de soins des patients atteints d’un adénocarcinome pancréatique - DATA-PANC
Dr Camille EVRARD, oncologie médicale.
24 mois | Coût total du projet : 74.975 €
Le cancer du pancréas, en hausse en France et dans le monde, reste l’un des plus redoutables. Malgré les progrès de la cancérologie (comme l’immunothérapie pour d’autres cancers), ses traitements actuels restent peu efficaces. Pour inverser cette tendance, il est urgent de mieux comprendre cette maladie et d’innover.
C’est l’objectif de la cohorte DataPanc, portée par le CHU de Poitiers et le Dr Camille Evrard, oncologue. Ce projet rassemble les données de patients atteints d’un cancer du pancréas (localisé ou avancé) : profil des malades, caractéristiques de la tumeur (taille, ganglions, type cellulaire), traitements reçus (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie) et stratégies thérapeutiques. En analysant ces informations, les chercheurs pourront comparer l’efficacité des approches et identifier les pistes les plus prometteuses.
Un volet clé du projet étudiera aussi la biologie des cellules tumorales, notamment leurs mutations génétiques. Ces recherches pourraient ouvrir la voie à de nouveaux traitements et améliorer le suivi des patients.
À terme, le CHU de Poitiers souhaite étendre ce projet aux autres centres de Nouvelle-Aquitaine (Bordeaux, Limoges) pour mutualiser les données et accélérer les avancées. Un espoir concret pour les patients et leurs proches.
Implémentation de l’activité physique adaptée en radiothérapie chez le patient atteint de cancer, âgé de 70 ans et plus : étude de faisabilité - PAPER-K Fai
Dr Evelyne LIUU, gériatrie.
24 mois | Coût total du projet : 74.797 €
Plus d’un cancer sur trois touchent les plus de 70 ans (prostate, sein). La radiothérapie, traitement courant, fragilise souvent ces patients, réduisant leur autonomie. Pourtant, l’activité physique lutte contre ce déclin, mais reste difficile à pratiquer pendant les soins.
Le Dr Evelyne Liuu, gériatre, a eu l’idée d’intégrer des séances d’activité physique adaptée (APA) de 30 minutes par jour, directement à l’hôpital, pendant leur traitement. Les exercices incluent du cardio, du renforcement musculaire, de l’équilibre et même des jeux vidéo actifs pour rendre la pratique ludique.
Les avantages sont nombreux : les séances ont lieu avant ou après la radiothérapie, encadrées par des moniteurs spécialisés. Les progrès seront mesurés grâce à des tests de motricité, des questionnaires sur la qualité de vie et un suivi par accéléromètre.
L’objectif sera de rendre les patients acteurs de leur santé, améliorer leur quotidien et préparer une étude plus large pour valider les bénéfices de l’APA.
Evaluation des facteurs de risques d’asplénie chez les patients embolisés au niveau de la rate comparés aux patients splénectomisés au sein de la cohorte nationale SPLEEN - FABOULOUS-SPLEEN
Dr Mathieu PUYADE, médecine interne.
24 mois | Coût total du projet : 74.884 €
La rate est un organe méconnu mais qui peut être atteinte notamment lors des accidents de la voie publique. Une plaie de la rate peut être mortelle dans ces situations là et nécessite une prise en charge en urgence pour éviter l’hémorragie fatale.
Deux options existent : l’ablation chirurgicale de la rate ou l’embolisation partielle par technique de radiologie interventionnelle. Cette dernière technique, plus récente, permet de conserver une partie viable de la rate.
Néanmoins la rate ayant un rôle très important dans la défense contre les infections, on ne sait pas si conserver une portion de rate est suffisant pour garder une immunité antibactérienne efficace.
Ainsi, le but de cette étude, portée par le Dr Mathieu Puyade, médecin interniste, sera de voir si les patients ayant gardé une rate partielle sont capables d’avoir une immunité satisfaisante comparés aux patients qui n’ont plus de rate.
Pilot study on Real-time Integrated Monitoring and Evaluation in Trauma - PRIME-T (Étude pilote sur la surveillance et l’évaluation intégrées en temps réel dans les traumatismes - PRIME-T )
Dr Quentin SAINT GENIS, anesthésie réanimation.
21 mois | Coût total du projet : 73.676 €
Chaque année, des milliers de personnes subissent des traumatismes graves (accidents, chutes, agressions). À leur arrivée en réanimation, certaines blessures peuvent menacer leur respiration. Les médecins doivent alors parfois recourir à l’intubation pour les sauver. Mais cette technique, bien qu’efficace, n’est pas sans risques : complications, séjour prolongé en réanimation, récupération plus difficile.
Aujourd’hui, les médecins utilisent des scores cliniques pour évaluer la gravité des traumatismes. Mais ces outils se basent uniquement sur les données à l’admission du patient, sans tenir compte de l’évolution de son état de santé. Or, deux personnes en apparence similaires peuvent évoluer très différemment : l’une peut s’améliorer, l’autre s’aggraver en quelques heures.
L’innovation du projet PRIME-T, porté par le Dr Quentin Saint-Genis, est de créer un score dynamique qui suit en temps réel l’état respiratoire du patient, pour prédire le risque d’intubation ou de décès. Le chercheur s’appuie sur le ROX index, un indicateur combinant oxygénation et fréquence respiratoire, déjà utilisé pour les pneumonies mais jamais validé pour les traumatisés.
Grâce aux données de 700 patients admis depuis 2019, le Dr Quentin Saint-Genis et son équipe va analyser l’évolution de leurs paramètres vitaux (toutes les 3 heures) pour construire un modèle prédictif, afin d’offrir aux médecins un outil simple pour décider au bon moment si une intubation est nécessaire, évitant ainsi les interventions trop précoces ou trop tardives.
Pour les patients, cela signifie une prise en charge plus adaptée, moins invasive, avec moins de complications et un meilleur rétablissement. À terme, ce score pourrait être étendu à d’autres hôpitaux, intégré aux logiciels médicaux, et même adapté à d’autres urgences (infections graves, grands brûlés).
En résumé, PRIME-T utilise l’intelligence des données pour une médecine plus réactive, personnalisée et humaine.
La santé est l’un des enjeux de notre société. Tous les efforts que nous consacrons à la recherche traduisent notre volonté collective de contribuer à des réponses thérapeutiques toujours plus efficaces pour nos patients et offrir un avenir en meilleure santé.
Et comme le rappelle le parrain du fonds Aliénor, Frédérick Gersal, journaliste et raconteur d’Histoire : « Au fond (Aliénor), la médecine est un don et, croyez-moi, DONner rend heureux ! ».
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