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Entreprises 11 octobre 2013

Boisbuchet, laboratoire innovant en design et matériaux d’architecture



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A l’arrivée au domaine de Boisbuchet, le visiteur se retrouve dans un immense parc magnifique parsemé de bâtisses toutes plus belles les unes que les autres, et représentatives de tous les styles architecturaux.
Restauré depuis 26 ans par Alexander van Vegesack, le domaine et son château aujourd’hui transformé en musée, sont devenus un centre de référence mondiale de l’innovation en architecture.

Arrivé il y a 26 ans à Boisbuchet, Alexander van Vegesack y a créé un centre international de design et d’architecture il y a 10 ans.
© 2013 NG/LPE

Chaque été entre juin et septembre, près de 400 étudiants du monde entier rallient ce fin fond de Charente limousine, où l’accès à Internet demeure protohistorique. Ils viennent des plus grandes universités, écoles d’architecture et de design urbain que compte la planète... Ces étudiants constituent les deux tiers des résidents du domaine : le solde est constitué de professionnels du design ou de cadres d’entreprises de matériaux.

Tout ce petit monde vient ici en formation très qualifiante, organisée en « workshops ». « En général, les professionnels restent entre une semaine et 4 mois sur place » résume Alexander van Vegesack.

Recherche appliquée

L’homme s’occupe donc d’attirer à Boisbuchet des enseignants comptant parmi les grandes pointures mondiales, pour des cours et stages de très haut niveau, mais toujours dans une perspective d’applications concrètes. « Concrètes, cela veut dire que les formations sont aussi conçues pour correspondre au besoin des entreprises, avec qui nous montons le plus souvent possible les formations. Tout ce que nous menons ici vise des applications réelles, on n’est pas dans la fantaisie » explique Alexander van Vegesack.

Les entreprises et leurs besoins sont la troisième face du système Boisbuchet, en plus d’attirer enseignants et étudiants des « workshops », Alexander van Vegesack prend aussi son bâton de pèlerin auprès de grands comptes. En concevant des formations avec elles, il en obtient le financement.

« C’est gagnant-gagnant. Pour les groupes, l’intérêt de Boisbuchet est de constituer un centre de recrutement haut-de-gamme. Les entreprises envoient souvent quelques membres de leurs staffs créatifs, en immersion totale avec le groupe d’étudiants inscrits au workshop, comme sur une île... Cela permet non seulement de pouvoir piocher les meilleurs éléments du vivier, tout en ayant de quoi jauger non seulement le savoir-faire des potentiels collaborateurs mais aussi leur savoir-être. Monter une formation à Boisbushet permet d’éviter à avoir à payer un chasseur de têtes ! » décrypte Alexander van Vegesack.

Jonction créatifs/entreprises

Pour les étudiants, l’expérience est très bénéfique dans la mesure où elle leur permet de mener une réalisation concrète (les workshops sont très pratiques), tout en offrant du réseau et permettant de toucher du doigt le Graal d’une première embauche. En plus des auditeurs libres « happy few » (la semaine de workshop coûte 795 euros), le domaine « accueille de plus en plus souvent des classes entières délocalisées de grandes écoles : School of Visual Art, Columbia University, Pasadena Art Center College... ».

Le château de 1864 est désormais un musée permanent. Sa "dépendance" à droite sert de lieu de vie aux étudiants logeant sur place. Dans les deux cas, le maître des lieux a mené des rénovations impeccables dans l’esprit des matériaux de l’époque.
© 2013 NG/LPE

Le financement du projet par les entreprises est bien au point, mais pêche sans doute par trop d’internationalisme ! Un comble, mais Alexander van Vegesack a autant réussi à nouer du lien avec les sièges parisiens des grands groupes ou d’entités internationales, mais beaucoup moins bien avec les entreprises de Poitou-Charentes. Un exemple parlant, celui d’Hermès : Alexander est membre du jury du grand prix Hermès, mais Boisbuchet n’a jamais travaillé avec la filière cuir dignement représentée par Hermès à Nontron et Montbron...

Et pourtant, « nous sommes très demandeurs de travailler avec les entreprises de la région, qui ignorent souvent l’étendue de tout ce que le design peut leur apporter » assure Alexander van Vegesack, citant la filière feutre qui ne demande qu’à revivre entre les moutons de Lessac et la filière articles chaussants charentaise, ou du secteur primaire tel que Lafarge, Faurecia... « Outre la formation et le recrutement, le Domaine de Boisbuchet peut aussi être utile aux entreprises dans l’innovation et l’évolution-produits » ajoute le maître des lieux qui garantit « du sur-mesure à chaque fois ».

Toutes les réalisations sont éprouvées par un montage in situ. Cet été, des étudiantes de 7 nations mettaient la dernière main à une maison textile, qui sera montée au printemps. Dans les projets en cours de développement, la mise en place de formations pratiques sur la brique et la tuile, là encore en lien avec les savoir-faire locaux : « Trois bâtiments en coupole près de l’étang, avec un système de hammam en mode de chauffage ». Lire également l’article sur le Solar Decathlon 2014.

Le domaine de Boisbuchet a dans les tuyaux un programme de travail autour de la terre cuite, briques et tuiles, un secteur économique bien présent en Charente limousine.
© 2013 NG/LPE

- www.boisbuchet.org

Niels Goumy



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