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Actualités 16 avril 2020

Coralie Dénoues, après la colère, penser à la reprise



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Coralie Dénoues est co-gérante de l’entreprise familiale de commerce de bestiaux Denoues & Co, basée à La Boissière en Gâtine en Deux-Sèvres. Elle est aussi Conseillère départementale en charge, notamment du tourisme. Elle a accepté d’apporter son témoignage sur cette crise sans précédent qui nous touche tous.

La société Denoues & Co emploie 13 personnes et désormais, depuis le confinement, seuls les dirigeants se relaient sur le site pour une activité de négoce de bestiaux plutôt ralentie. "Nous avons fait le choix de mettre nos salariés en chômage partiel mais en leur assurant un salaire inchangé. Notre activité est réduite du fait du manque d’animaux pour répondre aux commandes de nos clients notamment Espagnols et Italiens. L’activité a fortement chuté dans les abattoirs en raison de la fermeture des cantines, restaurants, cuisines centrales. Par contre, je n’ai pas observé de variation sur les prix.
Notre activité nous permet de voir comment ça se passe dans d’autres pays. En Espagne, par exemple, un Décret a annulé les règles sur le temps de conduite maximum des chauffeurs. Les rares que nous avons rencontrés n’avaient pas de masques, plus de gel hydroalcoolique. Ils sont confrontés aussi au manque d’infrastructures sur les routes : plus de lieux où se restaurer, se laver... Seules les autoroutes proposent ces services.
Côté marchés aux bestiaux, là aussi, pas de logique. La première semaine, tous étaient fermés. Puis un préfet a autorisé une ouverture et ensuite ils ont tous de nouveau ouvert et là on imagine une centaine de personnes en milieu clos pour le marché au cadran... Parthenay n’a pas réouvert et finalement c’est plus sage. Cette différence de règles d’un territoire à l’autre fausse la concurrence. Franchement j’aurais préféré être à 100% confinée pendant moins de temps ! Je crains que les entrepreneurs soient usés à la fin de ce confinement, rincés comme on dit en Gâtine avec en plus une trésorerie à sec et un manque total de visibilité.

Concrètement, pour la mise en place du chômage partiel, nous avons comme tout le monde dû faire face à un gros problème de fonctionnement avec la plateforme en ligne. Les règlements de nos clients sont parfois ralentis face aux délais postaux qui sont désormais d’une bonne semaine. Il faut rester pourtant attentifs entre PME à ne pas briser le rythme normal pour ne pas provoquer de défaillances en cascade.
Côté bancaire, nous sommes plutôt satisfaits, le report des échéances de prêts en cours s’est fait sans problème. Nous avons eu plus de lenteurs avec l’URSSAF
."

Il faut dire que dans cette activité de négoce de bestiaux, les professionnels sont malheureusement confrontés à une crise sanitaire en moyenne tous les 7 ans. "On a l’habitude de gérer les situations difficiles" rappelait Coralie Dénoues qui ne cache pas que la première semaine de confinement a été difficile : "J’ai été surprise par la brutalité de la mesure, il a fallu d’un coup gérer l’entreprise, les devoirs à la maison pour mon fils, le télétravail pour mes autres fonctions, le quotidien... Mon agacement face aux non réponses du gouvernement et au manque de visibilité, je l’ai exprimé sur les réseaux sociaux et puis, au bout d’une grosse semaine, j’ai réussi à trouver un équilibre, un rythme. Un mois plus tard, je dirais même que cette parenthèse est plutôt positive : en Gâtine, nous avons une certaine qualité de vie, une autosuffisance agroalimentaire. Et puis, étant membre de l’APM, une association regroupant des chefs d’entreprise, j’ai pu bénéficier des échanges organisés en visio avec les autres membres, à la fois pour nous rassurer et préparer la reprise."

Tourisme en Deux-Sèvres : une carte à jouer

Coralie Dénoues est donc également Conseillère départementale, en charge notamment du tourisme, l’un des secteurs les plus touchés avec la restauration, l’événementiel par cette pandémie. "La situation est difficile bien entendu pour les professionnels et nous essayons de les aider. D’ailleurs je salue le travail de madame la sous-préfète de Parthenay, toujours à l’écoute et efficace. Pour le moment on constate que les réservations professionnelles sont annulées jusqu’à fin mai. Pour les séjours privés, les annulations ne sont pas trop nombreuses pour le moment pour l’été mais il n’y a pas de nouvelles réservations non plus.
Les Deux-Sèvres vont avoir une carte à jouer car les destinations touristiques ne sont pas bondées et je crois que les gens vont éviter les grosses infrastructures à plusieurs milliers de personnes pendant quelques temps. Le tourisme va aussi se reporter sur des destinations locales, en provenance de départements limitrophes, dans la famille. Le tourisme sanitaire va être la nouvelle donne de cette saison 2020 ! Il ne faut pas oublier aussi que les Français vont subir une baisse de leur pouvoir d’achat avec cette crise et que les Deux-Sèvres constituent une destination plutôt abordable. Il y aura aussi certainement moins de jours de vacances... En tout cas, nous sommes prêts pour assurer avec le Département la promotion du territoire dès que le confinement sera stoppé !
"

Propos recueillis par Cécilia Rochefort le 9 avril 2020.



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